Hans et Sophie Scholl

Hans et Sophie Scholl sont deux étudiants allemands munichois qui fondèrent le cercle de résistance allemande “La Rose Blanche” (“Die Weisse Rose” en allemand) avec leurs amis Alexander Schmorell, Christoph Probst et Willi Graf.

Aucune de leurs actions ne fit appel à la violence, consistant avant tout en la diffusion de tracts condamnant le régime nazi, dans le but de réveiller la conscience de leurs concitoyens. Leur souhait était de créer une “chaîne de résistance par la pensée”, citant des penseurs fameux dont Goethe, Lao Tseu, Aristote…

Le groupe commence à agir à partir de 1942, diffusant leurs tracts à Munich à destination de milieux intellectuels choisis avec soin. Puis, avec le soutien de leur professeur Kurt Huber, leur activité prend un essor plus large, et des milliers de tracts sont diffusés dans les universités allemandes de Stuttgart, Francfort, Salzburg, Berlin…

Mais en février 1943, surpris par le concierge de leur Université de Munich en train de répandre des centaines de tracts dans le hall, Hans et Sophie Scholl sont incarcérés par la Gestapo avec leur ami Christoph Probst. Au cours d’un simulacre de procès devant un tribunal présidé par Roland Freisler, les trois jeunes gens sont condamnés à mort. Sophie Scholl comparaîtra avec la jambe brisée suite aux interrogatoires de la Gestapo. Au moment de son exécution, Hans Scholl criera une dernière fois: “Vive la Liberté!”

Si l’impact concret de la Rose Blanche fut somme toute confidentiel, son impact symbolique a en revanche dépassé les frontières de l’Allemagne.  Dès l’été 1943, Thomas Mann leur rendra hommage sur les ondes de la BBC. Ce rôle symbolique était de facto reconnu par les nazis, qui avaient choisi de nommer Freisler pour le procès, leur plus redoutable juge pénal nazi, qui plus est ancien participant à la conférence de Wannsee. Dans ce contexte où la défaite allemande à Stalingrad venait d’être consommée, le régime désirait asseoir son image par une répression impitoyable, dont les membres de la Rose Blanche furent les victimes héroïques.